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5 questions à Kévin Meunier, médium et tarologue

Kevin Meunier est tarologue, médium et auteur d’une méthode de soin et développement personnel : la méthode TIPS. Le parcours de ce jeune trentenaire confirme que la valeur n’attend point le nombre des années. Retour sur l’itinéraire d’un talent prometteur.

pic2*** le troisieme oeil : Kévin, pourriez-vous nous présenter votre parcours ? Comment la médiumnité et le tarot sont-ils entrés dans votre vie ?

Kévin Meunier : La médiumnité est une aptitude qui, d’aussi loin que ma mémoire peut remonter, n’est pas « venue », mais a toujours « été ». Un peu comme le simple fait de voir ou d’entendre, de sentir ou de goûter. La médiumnité, ou du moins les « claires facultés » comme j’aime les appeler, ont toujours été en moi, comme elles sont en chacun d’entre nous dès la naissance. Je n’ai joui d’aucun privilège, d’aucun don, d’aucune faculté qui me serait propre et qui manquerait aux autres. Je ne crois pas en cela. Je crois que j’ai une constitution à peu près similaire à tout un chacun et n’y trouve donc aucune raison d’évoquer la chance d’avoir des dons extraordinaires que d’autres n’auraient pas.
Comme (presque) tout le monde, j’ai fini par « oublier » cette médiumnité qui est innée chez tout un chacun. J’ai fait taire ces facultés, d’une part dans un souci de sociabilisation, sans aucun doute, et d’autre part suite à une très mauvaise expérience vécue étant plus jeune, une rencontre avec une entité pour le moins agressive et désagréable qui m’aura donné l’envie ferme de ne plus jamais avoir affaire à ce genre de « choses ». Cette rencontre désagréable, couplée au fait que je passais déjà pour l’extraterrestre de service partout où je passais, m’ont donné des raisons suffisantes de ne plus vouloir être si différent. Il est toujours étrange pour un enfant de voir des choses là où d’autres ne voient que le vide, d’entendre des mots là où le silence règne, et à force de se croire étrange, on tente tant bien que mal de se trouver normal. C’est ainsi que le mutisme parapsychique se fait. En se convainquant que tout cela n’existe pas et que si on a envie de se faire des copains, mieux vaut éviter de raconter que la grand-mère décédée d’untel se promène avec lui, par exemple. Une sorte de méthode Coué mais à visée régressive, où le but serait de se couper d’une partie de soi.

En revanche, là où mon chemin diffère de celui des personnes ne pratiquant pas la médiumnité (du moins consciemment) c’est que j’ai eu la chance au cours de mon histoire de me souvenir qu’une porte avait été fermée, que fut un temps, je recevais plus « d’informations » que je n’en recevais à présent, qu’une sorte de sens m’avait été ôté. J’ai toujours eu une excellente mémoire de mon enfance, il fut donc évident que quelque chose avait changé au cours de ma vie, que j’avais « perdu quelque chose ». Mais j’ai cru aussi qu’il était sans doute possible de le récupérer. Le fait de découvrir entre autre que mon père avait, lui aussi, dans son jeune temps, exploré l’ésotérisme et les mystères du monde sous ses nombreuses coutures, a été l’un des éléments ayant rouvert cette porte close. Puis avec le temps, les langues finissent par se délier. Un père qui guérit, une mère qui voit l’avenir, des frères qui ressentent des présences dans la maison… Finalement, mon retour à la médiumnité n’aura pas concerné que moi !

Concernant les Tarots, l’histoire est un peu plus cocasse puisque je suis venu à la tarologie un peu par accident. Une des amies de la famille tirait les cartes et lisait parfois l’avenir à ma mère. A cet âge-là, je n’y comprenais pas grand-chose, mais j’étais fasciné de voir que des morceaux de cartons pouvaient indiquer des évènements, surtout pour un enfant comme moi qui était fasciné par la magie, les grimoires et les formules indicibles. Il ne m’en fallait pas plus ! A l’âge de 7 ou 8 ans, je m’achetais mon premier jeu de Tarot, après avoir économisé plusieurs mois d’argent de poche (et sans doute après avoir demandé suffisamment d’argent de poche d’avance pour m’endetter sur les dix prochaines années !) et c’est ainsi que je suis entré dans la magie du Tarot de Marseille, en me procurant la version tristement célèbre du jeu de Paul Marteau, sortie des éditions Grimaud. Mais chemin faisant, ce jeu a fini par se retrouver au fond d’un tiroir, et ne sera ressorti que quelques années plus tard, au cours de ce fameux « coming-out médiumnique » pour l’appeler ainsi.

© Kévin Meunier

© Kévin Meunier

*** le troisieme oeil : Pourriez-vous nous décrire comment vous combinez ces différentes activités dans votre vie quotidienne ?

Kévin Meunier : Étrangement, je n’emploie ces activités que très rarement pour lire l’avenir dans mon quotidien. Je préfère en faire usage afin de m’aider à progresser, à évoluer, à prendre les bonnes décisions… et parfois même à ne pas me perdre dans une ville que je ne connais pas ! Cela prête à rire, mais je peux vous assurer que les entités ont un meilleur sens de l’orientation que je n’en aurais jamais ! Plus sérieusement, au quotidien, je n’utilise le Tarot que lors de réunions entre amis, ou lorsque la famille veut savoir certaines choses sur leur avenir ou sur les décisions à prendre. Pour ma part, je souhaiterais en faire un usage plus timoré car j’ai bien conscience que le danger de se perdre dans les méandres de l’avenir et d’en oublier le présent est bien réel, et que cela peut avoir de graves conséquences. Étant athée « de formation » si je puis dire, mais bouddhiste « de cœur », je tiens une grande place dans ma pratique et dans ma philosophie quotidienne à m’attacher au présent uniquement, au ici et maintenant, et de ne pas trop m’éparpiller dans les hypothèses de l’avenir. Ainsi, lorsque je procède à un tirage, il m’arrive d’y lire l’avenir, mais aussi très souvent d’y chercher des conseils pour adapter ma démarche professionnelle ou personnelle. Je discute également avec les entités qui me rendent visite, et certains d’entre eux peuvent parfaitement jouer le rôle que tient le Tarot dans ma vie, les deux se complétant à merveille. Je dois dire qu’à ce jour, avec la maturité et l’expérience, j’arrive beaucoup mieux à gérer les impératifs de la pratique, et les désagréments qui en découlent parfois. Il n’est pas toujours évident, lors d’une soirée entre amis, de devoir se mettre à l’écart parce qu’une entité a des choses à vous dire… Mais avec le temps, on apprend à faire preuve de diplomatie à la fois avec les vivants et les invisibles, même si ces derniers font preuve d’une plus grande patience que les autres.

*** le troisieme oeil : Comment se passe une consultation avec vous ?

Kévin Meunier : Lorsque je suis en consultation, il en est tout autrement que dans mon quotidien. Si je m’attache fortement à l’instant présent, et que j’aime amener mon client à s’y intéresser au moins autant qu’à l’avenir, je suis néanmoins tenu de répondre à la demande que l’on me formule. Si vous allez chez le boulanger pour acheter du pain, mais que vous repartez à la place avec une bouteille d’eau, je ne suis pas sûr que vous ayez l’envie d’y retourner ! Donc lorsque l’on me demande une lecture de l’avenir, je m’y atèle. Cependant, je propose toujours à mes clients une lecture du présent, des forces en présence, des failles, des faiblesses du consultant, ou au contraire de ses talents et capacités à mettre en avant, afin de ne plus poser cette éternelle question « que va-t-il m’arriver » mais pour enfin se tourner vers « que dois-je faire pour que ce que je souhaite voir se produire… se produise ? »

A ce jour, je conçois le Tarot davantage comme un outil de « prévision » plutôt que de « prédiction ». Et à ce titre, je mets toujours en garde mes consultants contre l’envie de remettre leur vie entre les mains du praticien, et plutôt d’apprendre à reprendre leur vie entre leurs propres mains ! Le libre arbitre existe, bien entendu il a ses limites, mais je pense que nous le mettons un peu trop de côté pour adopter une attitude fataliste et désabusée. Ma démarche dans le Tarot est de rendre ses lettres de noblesse à la tarologie en faisant de cet art un outil de développement personnel plutôt qu’un joug qui plane au-dessus de la tête des consultants.

De ce fait, au cours d’une consultation, je procède toujours en trois étapes.
La première consiste à ne rien demander à la personne qui vient me voir. Je procède moi-même à des tirages, et je lui parle d’elle, de son présent, de ce qu’elle vit actuellement, de ce qui la gêne et la motive, de sorte à vérifier que la « connexion » entre elle et moi s’est bien effectuée. Puis, je lui demande quelle question elle souhaiterait poser, je procède aux tirages appropriés et les interprète. Et enfin, je propose toujours une dernière série de lectures mais cette fois-ci orientée vers le présent, en cherchant à recentrer la lecture de sorte que la personne ne quitte pas la séance en attendant que les beaux jours viennent ou qu’un malheur lui tombe sur la tête, mais plutôt pour la laisser repartir avec des outils, des avis, des conseils parfois (que le Tarot lui-même donne) et une perspective d’évolution qui rendra le client acteur et non plus simple spectateur.

Il m’arrive au cours d’une lecture d’avoir des entités qui se présentent à moi, qui « envahissent » la séance afin de s’exprimer, de poser des questions, de me donner des conseils, de transmettre des informations au client. C’est toujours assez surprenant car, dans un cas pareil, le client qui me fait face ressent également qu’une présence inhabituelle est avec nous, et il n’est pas rare que certaines émotions enfouies refassent surface ! Finalement, ce genre de séance sert à la fois à visualiser l’avenir qui se profile à l’horizon, à obtenir des outils pour agir sur le présent, à se nettoyer de certaines émotions pesantes et envahissantes… mais aussi à démystifier la médiumnité, à faire prendre conscience aux gens qui viennent me voir que oui, « ça » existe, que « c’est vrai », et que même eux peuvent ressentir, voir ou entendre des choses et que ce n’est pas « dans leur tête » mais que c’est bien réel. C’est dans le fond une démarche qui paraît très humaniste, mais qui en réalité est très égoïste. Je pense aux autres dans le cadre de mon métier, mais je pense beaucoup à moi dans le cadre de la médiumnité car, lorsque je ne serai plus de ce monde, je serai à mon tour très heureux de trouver des vivants avec qui discuter, et je me dis qu’en ouvrant les consciences collectives, je pense aux vivants, aux morts, et à l’après moi 🙂

*** le troisieme oeil : Vous êtes également l’auteur d’un jeu de tarot, pouvez-vous nous en dire plus ?splash

Kévin Meunier : J’ai effectivement dessiné un jeu de cartes, du type Tarot de Marseille, entièrement basé sur le Tarot de Nicolas Conver, l’un des plus célèbres Maîtres Cartiers à ce jour. J’ai choisi ce modèle car sa composition graphique se trouve à la croisée de tous les types de Tarots de Marseille que l’on peut voir et se procurer aujourd’hui, et je trouvais utile d’avoir un support suffisamment « neutre » dans sa composition (pas de restauration fantaisiste ou d’ajouts de symboles qui n’existaient pas avant) afin d’illustrer mes sites, mes cours en ligne, mon ouvrage (à paraître prochainement) ainsi que mes stages de formation.

Ce jeu sera disponible à la vente au grand public dès la fin de l’année, et sera publié aux éditions Ada Incorporation, une maison d’édition québécoise fort connue pour ses produits de qualité et ses traductions françaises des outils de divination et de développement personnel anglo-saxons. C’est une grande fierté pour moi de paraître dans leur catalogue et si tout se passe comme prévu, ce jeu sera accompagné quelques temps plus tard d’un ouvrage présentant ma compréhension et ma vision du Tarot de Marseille, ainsi que les bases de ma méthode de lecture : la Constellation Tarologique.

*** le troisieme oeil : Pour terminer, quel message aimeriez-vous transmettre à nos lecteurs ? 

Kévin Meunier : Le message que je souhaiterais transmettre n’a que peu de rapport avec la pratique de la tarologie ou de la médiumnité, mais a tout à voir avec l’avenir, notre avenir.

A ce jour, vous pouvez vous en rendre compte chaque jour en allumant votre téléviseur ou en ouvrant votre journal, nous vivons un véritable génocide quotidien de la nature. Chaque année, plusieurs espèces animales disparaissent de la surface de la terre. Nous déforestons  massivement la planète au point d’en détruire ses poumons. Nous assassinons des insectes vitaux à notre biosystème à coups de pesticides. Et condamnons notre propre espèce par les technologies néfastes que nous utilisons ou les produits toxiques que nous consommons.

Rares sont ceux qui l’ignorent. Toujours aussi rares sont ceux qui ne s’en offusquent pas. Mais encore plus rares sont ceux qui agissent pour que cela s’arrête. Inutile d’être voyant ou devin pour voir que les choses vont mal et qu’elles iront de mal en pis si l’humain ne réagit pas. Bien entendu, soyons pragmatiques, ce n’est pas le bon citoyen à lui seul qui arrêtera les drames en Amazonie simplement en cessant de brûler du pétrole ! L’action individuelle et automatique n’aura que peu d’effets si elle ne s’accompagne pas d’une véritable prise en compte de la réalité des choses. Et je crois qu’à ce jour, nous arrivons – nous, l’espèce humaine au grand complet – devant un cas de conscience inévitable, un test existentiel à réussir impérativement, celui de sortir de l’éGosystème pour entrer dans l’éCosystème.

Tant de personnes s’interrogent sur leur vie professionnelle ou leur vie amoureuse, se demandant s’ils trouveront du travail ou s’ils se marieront prochainement, sans même se poser la question de savoir s’ils auront de quoi manger ou de quoi respirer dans dix ou vingt ans.

On ne peut pas forcer les mentalités à évoluer, à comprendre et à agir. Mais on peut leur montrer le chemin et les inviter à l’emprunter. C’est ce que je souhaiterais faire. Non, vous qui lisez actuellement ces mots, vous ne sauverez sans doute pas la planète à vous tout seul. Mais un geste, un seul, d’écologie, de respect de la nature, d’égard pour ce qui vous entoure, un seul geste par jour, vous verrez que cela ne vous coûte rien, mais qu’en plus cela vous donnera bonne conscience (une valeur sûre en ces temps difficile où la pensée se pervertit si facilement…) et la planète vous en sera reconnaissante. Je vous invite dès à présent à penser avec le cœur et non plus uniquement avec la tête ou le ventre.

Pensez à vous, à tout ce qui vit autour de vous, à tout ce qui a vécu avant vous, et tout ce qui viendra après vous. Nous sommes des humains. Nous sommes intelligents. Nous sommes évolués. Et ce que nous considérons comme un acquis, voire un privilège, ne nous accorde pas uniquement des droits, mais nous impose des devoirs. Et il serait « bon » (au sens premier du terme) de ne pas l’oublier et d’œuvrer enfin pour le bien-être commun.

Aimez votre planète comme vous aimeriez qu’elle vous aime. Et puisque vous avez reçu une éducation (je n’en doute pas !) et que l’on vous a appris à dire merci lorsque l’on vous offre quelque chose ou que l’on vous rend service, considérez tout ce que la nature fait pour vous et remerciez-là comme il se doit 🙂

Kevin Meunier
http://www.kevinmeunier.com/

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3 réflexions sur “5 questions à Kévin Meunier, médium et tarologue

  1. hello, je tenais à te feliciter pour la pertinence des articles de ton blog ! j’édite moi aussi un blog depuis peu et j’espère pouvoir faire aussi bien 🙂 A bientôt, ZAK

    • Merci beaucoup Zak ! Bon courage pour ton blog également. Si tu as la passion, l’envie et la persévérance, ça devrait aller !

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